Les fondamentaux sur lesquels s'appuyer

1/ Privilégier la réflexion à l’action précipitée

Soyons réalistes et pragmatiques : il n’est pas question ici et aujourd’hui de revoir l’ensemble de ses cours et de scénariser un parcours pédagogique performant à distance. Ce n’est ni l’objectif, ni envisageable au vu des conditions d’exécution (pour scénariser une formation à distance, il faut travailler de 1 à plusieurs mois).

En revanche, avant toute chose, il est important de revenir à ses objectifs d’apprentissage et de revalider son alignement pédagogique : OBJECTIFS D'APPRENTISSAGES – ACTIVITÉS PÉDAGOGIQUES – STRATÉGIES D’ÉVALUATION (Biggs, 1996), car c’est bien ce cadre-là qui va être perturbé et il est bon de se remémorer ses intentions de départ avant de saisir la première solution qui sera proposée.

2/ Faire le tri dans ses contenus

Nous avons tendance à souvent accumuler du contenu afin d’être sûrs de couvrir le sujet, au risque de « trop en faire ». Avec la mise à distance des modalités et l’autonomie demandée aux étudiants dans leur navigation parmi ces contenus, faire le tri semble indispensable.
Pour cela, nous pouvons privilégier la qualité à la quantité, segmenter les éléments et les hiérarchiser pour offrir différents niveaux de lecture (indispensable / complémentaire / pour aller plus loin…).

3/ Structurer sa diffusion par rapport au temps

Lorsque l’on travaille seul et à distance, le temps d’appropriation d’un sujet est plus long, notamment parce qu’on ne bénéficie plus autant du soutien des pairs ou de ses enseignants, de leurs feedbacks ou de leurs apports. Afin de remédier à cela, une piste est de revoir les temps accordés pour chaque élément transmis et s’autoriser le redécoupage de ses activités pour une meilleure diffusion (séquencer et différer).
Vous pouvez également consulter cette ressource pour veiller à l'équilibre de la charge de travail de vos élèves : https://www.youtube.com/watch?v=gAl0ZPliw_s&feature=youtu.be

4/ Renforcer la guidance des étudiants

L’accompagnement est une dimension primordiale du dispositif à distance. Il prend différentes formes pour proposer aux étudiants un cadre lisible et complet de vos activités et de vos contenus, notamment :

  • La clarification et la lisibilité de vos objectifs
  • L’explicitation des consignes (vous pouvez consulter aussi notre template ici) :
    • Quoi faire ?
    • Combien de temps y passer ?
    • Pourquoi ?
    • Pour quand ?
    • Comment le faire ? (à partir de quoi, dans quel ordre, …). Ici laisser plus ou moins de liberté (cf. Viau, le choix de ce que l’on fait joue sur la motivation)
    • Comment cela sera évalué ?
  • La formalisation des livrables (quels formats de documents, quelle quantité, quelle mise en page…).

5/ Définir des temps d’échanges synchrones avec ses étudiants

Il est fondamental qu’il y ait des RDVs et des moments communs pour rassurer, répondre aux interrogations, favoriser l’engagement, maintenir le lien social et garantir un suivi des activités. Le temps synchrone peut être une viso-conférence Lifsize ou un chat Moodle, à vous de choisir les modalités que vous préférez.

6/ Maintenir l’engagement

D’une façon générale, Rolland VIAU (1998) a répondu à cette question : pour chaque activité proposée, se demander ce que répondraient les étudiants aux questions suivantes :

  • Saurais-je faire ? Ai-je la compétence pour le faire ?
  • Qu’est-ce que cela m’apporte par rapport au cours, à mon semestre, à mon projet ?
  • Ai-je le choix des modalités ? (proposer plusieurs moyens/activités/exercices en fonction des possibilités)

Un des principaux facteurs de motivation et d’engagement consiste également à fournir de fréquents feedbacks (rétroaction) sur les activités : c’est d’autant plus vrai à distance ! Voici nos pistes pour donner des feedbacks réussis :

Vous pouvez également, dans la mesure du possible, réfléchir à la ludification de certains éléments de votre cours pour stimuler le ré-engagement de vos étudiants.