Faire le point sur la situation

Transformer un événement complexe en opportunité

Quel constat pouvons-nous partager ?

  • Nous faisons face à des conditions particulières en ce moment qui nous confrontent à de nouveaux défis comme, par exemple, le fait de devoir changer de conditions d’enseignement, du présentiel au distanciel (ou dis plus simplement, de la salle de classe à Moodle et autres outils numériques…).
  • Cependant, ce changement de conditions ne modifie pas les objectifs pédagogiques. La question est donc de voir comment adapter ses modalités d’enseignement à ces nouvelles conditions.

Quels sont les risques ?

Ce à quoi il faut être attentif et prendre garde…

Quels sont les risques ?

La dégradation possible de la qualité dans les modalités d'enseignement

  • L’un des plus gros risques avec le passage en urgence d'une situation présentielle à une situation distancielle est l’affaissement du niveau d’exigence dans ses enseignements. Dis là aussi plus simplement, passer d’un cours en salle avec powerpoint, discours de l’enseignant, échanges avec les étudiants et compléments d’information au tableau à … un pdf seul téléchargeable.

Une exigence pédagogique malmenée

  • La situation à laquelle nous sommes confrontés peut pousser à deux options quant à l'atteinte des objectifs pédagogiques d'une séquence : forcer l’acquisition de tous les objectifs prévus initialement (au détriment de la qualité d'apprentissage) OU réduire ses objectifs initiaux (au détriment de la quantité des apprentissages). Les avis des experts tendent à favoriser la qualité (ou la profondeur) des apprentissages plutôt qu'à leur étalement en surface car le temps nécessaire pour apprendre à distance est plus long qu'en présence, d'autant plus en cas de force majeure où les conditions d'enseignement, les environnements d'apprentissages, la préparation et la scénarisation des situations pédagogiques n'ont malheureusement pas eu le temps d'être développées.

Des étudiants en retard ou en décrochage

  • En délivrant des supports et du travail à distance, on a souvent tendance à penser que cela va rendre service aux étudiants car ils retrouvent ainsi liberté et autonomie. On peut même parfois se dire que si ce n'était pas le cas, cela devrait les rendre autonomes : plus de responsabilités leur permettrait d'être acteurs de leurs apprentissages.
  • En réalité, sans accompagnement, la mise à distance ne rend pas autonome les apprenants qui ne le sont pas. Cela ne fait que favoriser ceux qui le sont déjà (dans leur organisation que dans leurs apprentissages). D’où la nécessité d’être plus « présent » dans la distance, pour les accompagner et les aider à s’organiser et à organiser leur travail .

La surcharge cognitive

  • Si les éléments (les différentes ressources types powerpoints, pdf, vidéos...) ne sont pas segmentés ET progressivement amenés, Il peut y avoir un effet de saturation de l'information (surcharge cognitive). L'étudiant devient aussi "consommateur" passif de l'information car il n'a pas le temps de la traiter.
  • Si les matériaux de cours ou de devoirs ne sont pas accompagnés des éléments nécessaires à leur utilisation en vue d’objectifs pédagogiques définis, les étudiants risquent de se décourager sous l’ampleur de la tâche ou devant l'absence de sens et de lien avec un objectif atteignable.

La perte de la motivation, de l’engagement et de la persévérance de ses étudiants sur ces nouvelles modalités.

  • Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les étudiants ne sont pas toujours au fait de TOUTES les modalités techno-pédagogiques qui existent, bien au contraire... En effet, être expert Snapchat ou Twitch ne fait pas de vous un expert Moodle ou Powerpoint.
  • En ce sens, l'apport de nouvelles technologies en masse et sans accompagnement est aussi un temps et une charge cognitive supplémentaires pour les étudiants.

Quelles seraient les opportunités à saisir ?

Pour notre développement professionnel et celui de compétences nouvelles…

Les étudiants vont avoir l’occasion de travailler des compétences numériques et collaboratives essentielles à leur vie future sur le marché du travail. Mais c’est aussi une occasion pour nous !

Cette situation nous oblige à trouver de nouvelles façons de faire, d’enseigner : ce peut être l’occasion d’apprendre et de développer de nouvelles compétences qui nous serviront toujours. C’est la notion de développement professionnel.

En tant qu'enseignant, c’est aussi l’occasion de penser :

  • à son cadre (information systématique sur le quoi, le comment, le quand)
  • à équilibrer travaux de découverte, d’application, de mémorisation… et à varier les activités ; c’est la scénarisation.
  • à jongler avec les ressources matérielles mises à notre disposition.
  • à chercher ailleurs, à regarder ce que les autres font, à « creuser » pour ESSAYER !